Missions

RAVITAILLEMENT DES EQUIPES DE DEMINAGE

Lieu : TADJIKISTAN

Les activités de déminages dans les régions montagneuses comme le district de Darwas (Tadjikistan) sont confrontées à des problèmes d’accès, de ravitaillement et d’intervention d’urgence qui rende la tâche beaucoup plus longue et plus coûteuse au détriment des populations locales qui font face au danger que représentent les mines

Les terrains de déminage étant loin des agglomérations (50km a 100 km) la FSD à besoin de ravitailler ses équipes en nourriture, équipements, matériel pour la  destruction de mines de façon efficace et à moindre coût.

Human'Air va effectuer des vols journaliers à destination des diverses équipes de démineurs sur le terrain ce qui contribue à  améliorer leurs conditions de travail. Ainsi, grâce à moins d'interruptions de travail dû à des déplacements à pied et du ravitaillement au moyen de mules l’efficacité des actions de déminage est décuplée.  Human'Air apporte également une solutions efficace en cas de transport urgent. 

La mission d'Human Air contribue donc à augmenter plus rapidement la sécurité des populations locales vivant dans des régions minées et difficiles d'accès. Les activités de déminages sont bénéfiques pour les hommes, les femmes, et les enfants, car les zones déminées sont communes. 

Cela permet en autre des déplacements en toute sécurité pour les enfants allant a l'école, aux femmes pour aller chercher de l'eau et enfin aux cultivateurs de pouvoirs accéder à leurs champs pour cultiver et nourrir leurs familles.

 

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Tractage d'une banderolle

Mission test de secours

Lieu : Divers

Nous avons effectué plusieurs tests de secours comme le transport d'un blessé, l'information aux populations par banderolles et l'emport de charges.

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Le bull dégage la piste

Cartographie d'un parc animalier et mise en place d'une piste.

Lieu : Togo

Les Guêpes Noires

Notre mission était de cartographier au GPS un parc animalier. 
Nous avons dû dégager une piste temporaire pour réaliser notre mandat.

Voici le récit des aventures de cette mission:

C'est en Afrique que l'histoire se passe, plus exactement au Togo.

J'étais en train de mettre au point un ULM tout terrain pour faire du travail aérien particulièrement dans les pays en voie de développement. Tournées de vaccination, repérages, secours, aide humanitaire, transport de médicaments, etc.…
Nous sommes tombés sur un article de journal d'un illustre défenseur de la nature, vivant sur les bords du Léman. Il cherchait de l'aide pour reprendre un parc animalier au Togo abandonné depuis plusieurs années. Il avait besoin de tout, argent, véhicules, vétérinaire, homme à tout faire, etc.…
Nous lui avons proposé de métrer son parc à l'aide d'un GPS (global positionnement satellite) monté sur notre ULM de façon à positionner les anciennes pistes effacées par le temps et la nature.
Il voulait aussi repeupler ce parc, car les braconniers avaient fait disparaître la plupart des animaux et, entre autres, les éléphants. Il fallait non seulement refaire une carte du parc, mais aussi repérer les endroits possibles pour creuser les points d'eau.

Un sacré travail en perspective.

Première étape, construire une piste.

Nous fixons une date de départ et déterminons du temps nécessaire à constituer un dossier. Je commence par le siège de l'OMM, Organisation Mondiale de la Météo, (une chance que j'habite à Genève) pour trouver tous les relevés météo de l'année, la pluviométrie, l'intensité et la direction des vents pour donner une première direction à ma piste. 

J'envoie tout à la première équipe, déjà sur place pour qu'ils fassent un premier repérage des terrains. Il faudra aussi contacter sur place l'aérodrome de Lomé et la section météorologique du Togo pour obtenir un maximum de renseignements à l'Africaine.

Je boucle ma valise et je pars le 8 janvier par un froid de canard.
Décollage vers midi et 7 h plus tard me voila à Lomé.

Toujours la même sensation au sortir de l'avion. Cette odeur africaine de mélanges de fleurs, de fruits exotiques, de marchés aux odeurs puissantes, de sueur, et aussi d'égouts, tout cela passe sous votre nez avec des souffles d'air chaud. 
Les yeux fermés, je retrouve souvent cette ambiance africaine aussi bien au Soudan, qu'au Zaïre ou au Sénégal où j'ai séjourné.
Le voyage pour le parc est prévu pour le lendemain, car je dois passer rapidement au centre météo de Lomé et a son aéroclub pour avoir un maximum de renseignements sur les conditions du temps et des vents selon les saisons.
Cette première soirée est animée. Nous sommes invités à une fête, mais malheureusement nous bâillons aux corneilles et allons vite nous coucher.

Le jour suivant nous voici partis pour Fazao (le village et donc aussi le parc).
Il est situé au nord du pays; le Togo est tout en longueur encadré par le Ghana et le Nigéria. Nous suivons la route principale bordée d'arbres de teck sur 300km. 4 h 30 plus tard nous quittons la nationale et rejoignons le village de Fazao par une piste chaotique, mais sur une très belle terre rouge. 
Incroyable …un centre touristique avec piscine entourée de bungalows se découvre à moi perdu en pleine nature; c'est fantastique.
En fait, le centre touristique est la première chose qui a été refaite.

Installation dans un des bungalows et vite un plongeon dans la piscine avant de dîner avec toute l'équipe. Il y un couple de Belges chargés de la restauration et du centre touristique, un vétérinaire qui fait une évaluation des bêtes restant dans le parc et s'occupe de crée une clinique. Quelques bénévoles et aussi des braconniers reconvertis en gardes forestiers.

J’explique le projet et tout de suite on m'annonce qu'il faut des autorisations pour ci, pour ça, qu'il faut demander au village, au conseil des sages (les anciens donc) qu'il manque du matériel, bref…
Le repérage du terrain le lendemain me laisse songeur.
Je vais voir le genre de terre, et déjà une direction possible de piste avec un des bénévoles, entouré d'une multitude d'écoliers du village très intéressés par le projet. Ils posent des tas de questions et je leur promets de les faire participer au bornage de la piste.
Premier problème, la seule direction possible de la piste est traversée par des éléphants. Je me vois bien en final d'atterrissage avec l'ULM et un éléphant en travers de la piste à qui je dis aller …aller ouste pousse toi, dégage tes 6 tonnes de ma piste.

Il me faut aussi beaucoup plus d'informations météo. Pour cela, je vais à deux endroits, car les informations météo locales sont dans ce contexte bien plus importantes que les statistiques du pays. Premièrement, j'apprends qu'il y a un petit centre météo à Sotouboua ville toute proche de Fazao, où je suis reçu par un monsieur Parbey météorologue et par chance spécialisé en aéronautique. Puis je vais à Sokodé, ville où il y a un aéroport national qui me donne aussi plein de renseignements sur l'aérologie locale.

De retour à Fazao je repère un bulldozer rouillé pas très loin de la piste. Il a été abandonné là par manque de pièces de rechange et il était utilisé à refaire la route emportée lors de la dernière saison des pluies.

Le chef du village veut connaître mes intentions et nous organisons le soir même une réunion juste avant le feuilleton brésilien à la TV (style les Feux de l'Amour) pour leur donner plus d'indications. Par la suite, une télévision est allumée, alimentée par un groupe électrogène le temps du fameux feuilleton dont le village ne veut surtout pas manquer.
C'est magnifique…tout le monde est assis sous un énorme arbre, comme une grande famille, le ciel brille de toutes ses étoiles et tout le monde a l'air d'être tellement heureux avec si peu de choses.
Soudain! Le milieu du groupe fait des bonds incroyables.
Le centre est vidé en deux secondes de ses occupants et l'on découvre un énorme serpent sur ses gardes. Il est tombé d'un coup d'une des branches et 
il n'est pas un petit le bougre.
Je me tiens aussi à distance, quand un homme sort du groupe avec un gros bâton et éclaffe le serpent comme une vulgaire punaise.
Et voilà! Comme si de rien n'était, tout monde se rassied et finit de regarder le feuilleton du soir.

Le lendemain après de nombreux allers-retours sous une chaleur torride pour chercher les pièces, en bricolant nous réparons le Bull.
Il démarre dans une explosion de fumée noire sortant du pot d'échappement.

Entre temps, j'ai fait peindre des piquets en rouge et blanc aux enfants et nous commençons à les planter pour l'alignement de la piste.
Je demande à un des petits élèves d'aller au bout de la piste pour finir le bornage, mais cette partie non dégagée est encore broussailleuse et l'écolier m'appelle pour que je l'aide. Je rejoins Moussade et tout d'un coup on entend un fracas dans les arbres. Je n'ai même pas le temps de me rendre compte que Moussade était déjà parti! Un énorme éléphant sort des taillis. 
Non d'un chien.. Je vais me faire écraser comme une crêpe.
Je pique un cent mètres sans me poser de question, en étant sûr que l'éléphant me poursuit. Mais ouf! C'était juste une charge d'intimidation et tous les gamins se moquent de moi en riant.

Je me retrouve avec les bras et les jambes lacérées par les buissons transpirant et en même temps avec des frissons dans le dos.
J'ai appris le soir même au repas qu'un vieux mâle solitaire rôdait dans les parages. 

Maintenant je vais enfin pouvoir dégager la piste avec le bull.
On commence très tôt à la fraiche en suivant l'alignement des piquets.
Une partie du village est là. Mais surtout des jeunes et les écoliers qui m'ont aidé.

Le bull est puissant et dégage rapidement une bonne partie de la piste. Il y a quelques arbres à abattre et en fin de journée la moitié est déjà déblayée. Le conducteur repousse un dernier tas de terre vers le bord, et laisse sa pelleteuse sur place.
Formidable! Je suis super content, car cela avance bien et de plus les autres qui étaient si sceptiques n'en reviennent pas. La piste est formatée en arrondi pour l'écoulement de l'eau en cas de pluie.

Debout aux aurores, car dans tous ces pays il faut profiter du peu de fraîcheur du matin.
Je n'étais pas encore sur le chantier, que déjà un groupe du village m'avait précédé sur la future piste.
Ça sent les problèmes!

Les sorciers ne sont plus de nos jours avec des crânes d'animaux sur la tête, mais bien encore avec plusieurs rangées d'amulettes de toutes sortes autour du cou. Et ce sont bien eux qui sont là
Bien un traducteur m'explique.
Apparemment, il y a un arbre sacré en plein milieu de la piste. Il est hors de question de le toucher sans une décision du conseil du village qui peut durer plusieurs jours.

Rendez-vous à 16 h avec le conseil qui sera réuni exceptionnellement.
On me déconseille de continuer avec le bulldozer sans avoir rassuré les autorités de ce village. Voilà c'est apparemment une journée perdue.

Je profite de cet arrêt momentané pour aller en voiture de l'autre côté du parc afin de voir dans quel état sont les pistes.
Bassard c'est le nord de la réserve. Là aussi impossibilité d'entrer dans le parc par manque de piste. La végétation a tout englouti. Je me rends compte de plus en plus de l'utilité de plusieurs ULM pour la surveillance de cette réserve, le déplacement, le transport, et le ravitaillement.
La région de Bassard est montagneuse et aussi arborisée que le sud. La seule plaine ou une piste pourrait être prévue, se trouve après la réserve de chasse de Malfakassa et je parie qu'il doit bien y avoir un ou deux arbres sacrés.

Seize heures. Je suis reçu par le conseil.
Très impressionné par le nombre de personnes.
C'est le conseil des sages et des anciens me dit on. Que des hommes habillés dans leurs plus beaux atours certainement pour m'impressionner. Et oui je suis impressionné, car ils sont tous plus beaux les uns que les autres. Visages très ridés et burinés par le soleil et les années qui contrastent avec leurs magnifiques toges de couleurs.
Je demande le silence pour essayer de m'imposer et propose tout de suite au traducteur d'expliquer à quoi va servir cette piste. Ils sont un peu interloqués par mon culot, mais ça marche et je suis accepté comme un partenaire valable.
Je sors de la case vers 21h complètement exténué par les palabres. 

Résumons: J'ai le droit de défricher cet arbre, seulement en présence des autorités du village, et grâce à tous les avantages qu'apportent les petits avions.
Nous ferons cela dans 2 jours…le temps que les prières d'excuses à l'arbre fassent leurs effets.
Finalement journée pleine d'aventures et de surprises. Que j'aime l'Afrique et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
Un match de football est organisé par le village, et les professeurs de l'école me proposent avant les jeux, de donner quelques explications à leurs élèves dans la classe.
Super! Je profite de visiter l'école et explique en gros le projet. Bien entendu tous les garçons veulent devenir pilote et les filles vétérinaires pour soigner les animaux de leur parc.
Finalement, plein de questions intéressantes qui me donnent une meilleure vision et aussi une façon de mieux intégrer la population dans ce projet. 
Il y a dans la classe une partie des enfants qui m'a aidé à piqueter la piste. 
Le tam-tam avait déjà fait le tour de l'école.

Allez en route pour la piste. Je descends avec plusieurs enfants qui veulent me donner la main pour le bout de trajet. Cela pourrait être les miens qui sont en ce moment en train de se les geler en Europe.
Je retrouve notre bulldozer man et nous allons ensemble vers sa machine.
Je fais quelques relevés pendant qu'il la vérifie.
Je demande aux enfants de rester sur le chemin par sécurité et je monte sur la plateforme à côté du chauffeur.
Il démarre le moteur et met la marche arrière, laisse la pelle par terre pour égaliser le tas et recule.

L'HORREUR!!!
Une nuée d'insectes sort par-dessous le tracteur et commence à nous attaquer. Le chauffeur saute du bull encore en marche et moi de même.
Des guêpes noires! des guêpes noires, hurle-t’il en courant.
Nous courrons comme des dératés vers le chemin où sont les enfants poursuivis par les guêpes qui nous piquent même à travers les vêtements.
J'entends le tracteur continuer sa course tout seul! C'est la catastrophe où va-t-il, je n'ai pas le temps de regarder.

Je suis complètement paniqué et fais des zigzags pour distancer mes poursuivantes. Impossible! Elles volent plus vite que moi et sont d'une agressivité incroyable. Je continue à me faire piquer en courant et même à travers les vêtements alors que j'arrive vers les enfants .
Quand j'arrive vers le groupe les guêpes se dispersent et poursuivent tout le monde.
C'est la débandade totale! Tout le monde s'éparpille en courant, plus personne ne s'amuse. 
Moi non plus d'ailleurs! Quelle peur! J'en tremble encore.
Nous retournons à l'hôtel pour nous soigner et boire.
Les femmes du centre touristique qui comprennent la situation arrivent avec du citron vert et se mettent à nous frotter nos piqûres.
Houla !, qu'est ce que ça brûle. 
Entre le chauffeur et moi, nous avons une quarantaine de piqûres.
Les femmes s'emploient à nous enlever les dards des guêpes et continuent avec le citron. Ça désinfecte et ça calme.
Je ne comprends pas vraiment la situation alors le chauffeur m'explique.
Quand nous avons terminé la première partie de la piste, il y a 2 jours, j'ai dû arrêter la machine en bouchant avec mon tas de terre un nid de guêpes noires.
Elles font leur nid sous terre et sont donc restées bloquées 48h dans leur trou.
Vu que ces guêpes ne craignent personne, nous avons subi la fureur de l'essaim quand j'ai retiré le tas de terre. Mais maintenant que fait-on ?

Il faut retourner au tracteur pour voir la situation.
Ben voyons! J'ai l'allure du bossu de notre Dame et pour moi la journée est terminée, je vais décompresser; alors à demain en espérant qu'elles seront parties. 

Le lendemain matin entre l'arbre sacré et les guêpes, j'espère qu'aujourd'hui on va pouvoir faire au moins 1 mètre de piste.

Toujours entourés de plein de gamins qui m'accompagnent sur le chemin au bord de la piste. Le bull jaune est à peu près à 100m de nous! Et bien vous me croyez si vous voulez, ce bulldozer jaune est noir.
Noir de guêpes. Zut alors. Le chauffeur propose d'aller voir de plus près.
Arrivé à 20 mètres du tracteur… Inouï! Les guêpes s'envolent et se mettent à le poursuivre. Je comprends mieux le rire des enfants, vu d'ici c'est vraiment hilarant de voir le chauffeur faire des zigzags afin d'éviter ses poursuivants.
Nous nous préparons avec les enfants à déguerpir le camp avant qu'il ne nous rejoigne.
Heureusement les insectes abandonnent rapidement la course pour retourner sur le bulldozer. Le chauffeur arrive suffocant, abasourdi par la situation. Il n'a jamais vécu ça.

Que faire?
Notre problème est de pouvoir remonter sur la machine pour boucher le nid ou tout du moins s'en éloigner le plus vite possible. Le chauffeur propose de retourner cet après-midi avec plus de protection. En fin d'après-midi, nous avons récupéré de vieux draps de l'hôtel pour confectionner une espèce de boubou blanc qui couvre notre chauffeur de la tête aux pieds.

Les enfants rient car notre homme ressemble à un fantôme. Halloween en Afrique! Courage, il faut motiver notre homme qui commence à avoir peur.
Il me dit que c'est à cause de l'arbre sacré que nous allons abattre et que les esprits ont envoyé la guêpe noire pour nous bloquer et qu'il faudrait retourner voir le sorcier pour qu'il fasse une prière… Et qu'il ne veut plus faire cette piste, car les esprits sont contre lui…

Nous voyons partir notre homme vers le bull et je demande aux enfants de ne pas rire, mais plutôt de l'encourager. Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire, car la situation et vraiment extraordinaire.
Imaginez-vous un magnifique coucher de soleil en Afrique aux couleurs chaudes et rougeoyantes avec une espèce de fantôme blanc se découpant sur le paysage d'une piste jaune sable , marchant vers une machine couverte de guêpes noires. C'est une vraie séquence de film de fiction.
Bien, revenons à nos insectes!

Alors là! Je ne peux pas m'empêcher de rire.

Notre chauffeur revient en courant avec son espèce de djellaba qui gonfle avec le vent; et comme il ne voit rien, gêné par le tissu, il tourne en rond suivi bien sûr de nos amicales bestioles. Finalement, il enlève sa protection et revient vers nous en courant sans les guêpes. J'ai rarement vu enlever une djellaba si vite.
Elles ont quand même réussi à le piquer malgré toutes ces couches.

Bon, on arrête les piqûres, je vais réunir le conseil de guerre.
Discussion toute la soirée avec des idées complètement farfelue.

Le mieux comme d'habitude une bonne nuit porte conseil. Le jour pointait déjà et j'avais de la peine à me lever. Je somnolais en tournant tous ses problèmes dans ma tête.
Vous savez, quand vous refusez une situation qui dure, de ne pas vous levez vous permet temporairement de régler les problèmes dans vos rêves.
Aujourd'hui qu'allait-il se passer?

Le parc, les ULM, l'arbre sacré, les enfants, le sorcier, mon mandat, et les guêpes noires… que faire ?

Allez je me lève! C'est un autre jour!
Alors j'avale rapidement mon déjeuner et fonce à la piste.
Ce que je vois est «I n i m a g i n a b l e»
Des enfants sont tout près du bulldozer à côté des guêpes noires qui ne sont pas agressives. Alors là, je ne comprends plus rien ou alors je comprends tout.
Les guêpes noires font elles la différence entre un adulte et un enfant?

Elles tournent autour des enfants, mais pas d'attaques, pas de piqûres, aucune agressivité, et pourtant elles sont toujours propriétaires du bulldozer.
Les enfants ne portent rien de plus que leurs tee-shirts et ne paraissent pas effrayés par les insectes.
Je hurle pour qu'ils se retirent rapidement, mais ils me demandent de me taire, car cela pourrait énerver les guêpes À ce moment-là, le conducteur de la machine me rejoint, complètement stupéfait par ce qu'il voit.

C'est simple: n o u s n e c o m p r e n o n s r i e n!
Un de mes petits préférés nous explique que ce matin il voulait voir la machine de près et qu'il n'y avait aucun insecte dessus.
Elles sont arrivées petit à petit d'en bas, mais sans agressivité et alors on n’a pas eu peur.
Ils se sont donc approchés et c'est seulement quand ils étaient sur place que les guêpes ont envahi la machine; mais doucement et très progressivement ce qui n'a pas effrayé les enfants.
Bien, puisque les enfants arrivent à approcher la machine, je leur demande d'aller chercher des branches de feuilles vertes et je vais chercher du pétrole.
L'idée est de les enfumer pour qu’elles s'éloignent de l'engin. Les enfants posent doucement les branches tout autour des chenilles, arrosent les feuilles de pétrole et reviennent vers nous en laissant couler la bouteille sur une ficelle pour faire office de mèche.
Nous ne voulons pas mettre le feu au bulldozer bien évidemment. 
Le pauvre est livide car cette situation le dépasse.
Une fumée épaisse envahit la machine et les insectes affolés tournoient dessus.
La fumée devient de plus en plus épaisse et l'on n'avait pas prévu cela. 
On ne voit plus rien.

Difficile pour le chauffeur avec toute cette fumée de savoir si les guêpes sont toujours là. Surtout lui qui a été piqué de nombreuse fois.

Malgré ce doute il se décide. Il fonce en courant vers sa machine. Quel courage ce gars!

Nous le voyons arriver près du tracteur dans la fumée opaque et mettre la main devant la bouche, puis il disparaît dans ce nuage de feuilles brûlées et plus rien!
L'attente est infernale, les secondes paraissent des heures et tout le monde retient son souffle. Je n'avais d'ailleurs pas remarqué qu'un monde incroyable s'était groupé derrière moi. Tout le monde a, bien sûr, vu la fumée.
Je ne tiens plus, le chauffeur est en train d'étouffer dans ce nuage épais qui lui pique les yeux. 
Je cours à son secours sans penser à rien et c'est alors que dans un trou de fumée je le vois gesticuler sur la machine, mais sans savoir si c'est pour la fumée ou encore les guêpes.

Quand nous entendons le moteur diesel de la machine, nous savons que la partie est gagnée.
En effet le bull recule et met une bonne distance entre le nid et lui.
Quelle joie, tout le village applaudit le chauffeur et on va pouvoir finir cette piste.
Les enfants font un accueil de vedette au chauffeur qui le mérite bien.

Et moi j'offre une tournée générale à tout le monde pour fêter ça.





Copyright: Jean-Philippe NAEF

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